Portraits majeurs

 

Fabriquer, peindre, façonner des figurines de toutes sortes (depuis l’enfance) reste une source de plaisir et d’étonnement incroyable : un personnage advient, une créature prend forme, porteuse sans doute d’une histoire singulière, traversée d’émotions probables.

Cette fiction se constitue en deux temps : le modelage permet le personnage, la photographie en fait un portrait. C’est l’image qui m’intéresse : ce cadrage simple, la lumière plus ou moins contrastée, la couleur du singe, une amorce de mise en scène, à l’économie : chercher la neutralité autant que la forte singularité du personnage. La figure qui en résulte ne peut être préméditée. Elle m’échappe en quelque sorte.

Les Muséums d’Histoire Naturelle sont mes terrains de safari privilégiés. C’est sans doute à ces espaces insensés que mon inspiration se nourrit. Naturaliser un animal, c’est vraiment une idée d’homme. Aucun autre animal n’y aurait pensé. Fatal artifice que je cherche peut-être à conjurer en réalisant ces « portraits » plus grands ou plus vrais que « nature ».